INTERVIEW : Rencontre avec Nuit Incolore


Nuit Incolore est un artiste très talentueux et il a répondu à toutes nos questions avec générosité. N’hésitez pas à découvrir son univers !

JustMusic.fr : Tes parents ont un magasin de musique, tu as fait dix ans de conservatoire (piano, classique), tu es étudiant en musicologie et en littérature française et tu es aussi chanteur. Comment t’es venue cette envie de faire de la musique ?

Nuit Incolore : Comme tu viens si bien de le dire, mes parents tiennent un magasin de musique et ils me l’ont enseignée durant mon enfance. J’avais le choix entre le piano et le violoncelle, et j’ai choisi le piano. J’ai donc fait le conservatoire pendant une dizaine d’années et j’en ai eu marre car c’était très rigoureux. J’ai arrêté pour commencer à composer mes propres compositions. Il faut savoir que je suis suisse et que le lycée n’est pas obligatoire, mais avant de le quitter j’avais appris à écrire des textes et des sonnets. C’est comme ça que j’ai réussi à fusionner les deux : texte et musique. J’avais besoin d’extérioriser toutes ces mauvaises pensées et Nuit Incolore est né (sourire).

JustMusic.fr : En effet, ton nom d’artiste est Nuit Incolore. « Nuit parce que la nuit blanche est inspirante, propice à la composition. Incolore, car si noire et si profonde. » Pourquoi la nuit t’inspire autant et pourquoi composes-tu à ce moment-là ?

Nuit Incolore : La nuit c’est mon refuge car c’est là que je vis principalement. J’y ai le plus d’énergie et mes sens s’éveillent. Grâce au calme qui m’entoure, je suis à l’aise avec ce que je fais. Je fais de la musique de 22h à 4h du matin et je suis dans mon monde. Je te rassure, je me repose quand même un peu la journée (sourire).

JustMusic.fr : Tu t’appelles Théo Marclay alors est-ce que Nuit Incolore est une autre personne ?

Nuit Incolore : Il n’y a qu’une seule personne, c’est juste que je ne voulais pas avoir mon vrai nom comme nom d’artiste. Je voulais quelque chose de plus poétique et je me suis inspiré de Vendredi Sur Mer. Il fallait que mon nom de scène soit une image à elle-même.

JustMusic.fr : Tu as des inspirations très variées telles que Charles Aznavour, Tsew The Kid et Joe Hisaishi pour ses bandes originales du Studio Ghibli. Et tu t’inspires également des mangas et des animés. Peux-tu m’expliquer tout ça et me présenter ton univers ?

Nuit Incolore : Il faut avoir plein d’inspiration pour créer quelque chose d’original, et c’est toute cette fusion qui a créé Nuit Incolore (sourire). Je me reconnais dans les textes d’Aznavour qui sont très bien écrits, Tsew The Kid c’est pour son style qui est très actuel la pop urbaine et Hisaishi ce sont des musiques orchestrales qui ont plein d’émotions qui te font rêver. Pour les thématiques ce sont toutes les choses qui ramènent à la nuit, la solitude, l’abandon… des émotions un peu négatives. Comme j’ai été adopté, j’ai toujours eu ce sentiment de solitude autour de moi et ça ne m’a jamais quitté…

JustMusic.fr : Après « Histoire de nuit » tu as sorti « Histoire de nuit 2 ». Comment est né ce concept ?

Nuit Incolore : Je voulais faire un manga musical avec des épisodes et des saisons, un peu comme une série (sourire). J’ai créé une histoire qui est basée sur ma vie mais qui est romancée avec de la fiction. On retrouve des interludes pour rythmer tout ça. C’est comme lorsqu’on nous racontait des histoires avant d’aller se coucher. Vu que ça a disparu, j’ai voulu en raconter aux grands enfants que nous sommes (rires).

JustMusic.fr : Est-ce qu’il y aura un troisième volet ? Quelle est la suite ?

Nuit Incolore : Pour le moment la saison 2 est la saison finale qui ferme le chapitre « Histoire de nuit ». Pour la suite je compte faire des EPs plus personnels car ça viendra 100% de moi. Ce sera plus introspectif et je vais m’ouvrir encore plus ! L’album arrivera – je l’espère – en 2023 et je m’y dévoilerai encore plus (sourire) ! Ça m’a fait plaisir de faire ces deux saisons qui ont plu car j’ai pu m’évader…

JustMusic.fr : Tu parles beaucoup de toi dans tes chansons, c’est assez sombre car tu évoques tes démons. Les thèmes principaux sont la solitude, l’abandon et l’amour. Pourquoi te dévoiles-tu comme ça ?

Nuit Incolore : C’est vrai que je parle beaucoup de moi, mais je pense beaucoup aux autres car nous sommes un tout. J’ai écrit cette histoire car elle me touche et elle peut toucher certaines personnes. Il faut prendre ce démon comme une métaphore de tout ce qu’on n’assume pas, ce côté qu’on aimerait cacher mais qui vit avec nous car il forme notre âme entre le mal et le bien. Il faut se dire que nous avons tous un démon qui nous accompagne partout où l’on va et ça reflète l’humain.

JustMusic.fr : C’était difficile de le faire ?

Nuit Incolore : C’est toujours difficile de s’ouvrir, surtout que j’ai toujours été dans le second rôle car je n’ai jamais osé me dévoiler comme maintenant. Ce n’est pas facile de parler de soi-même, de se mettre en avant car il faut mettre la pudeur de côté pour avancer. C’est comme ça qu’on écrit de belles histoires, les plus vraies et les plus honnêtes.

JustMusic.fr : Qu’as-tu ressenti en écrivant ces chansons et que ressens-tu en les écoutant aujourd’hui ?

Nuit Incolore : Du bien tout simplement car mettre à l’écrit ce que l’on pense, au bout d’un moment on se vide. Je me suis senti bien et maintenant je me dis que c’est encré, c’est une archive… Si plus tard j’ai des enfants je pourrais leur montrer (sourire). Désormais tout est entre les mains des personnes qui me suivent et je n’ai plus la main mise là-dessus.

JustMusic.fr : Peux-tu me présenter le nouvel extrait dont le clip vient de sortir ?

Nuit Incolore : « Je me déteste » c’est l’épisode 7 sur 10. Ça parle de ce côté qu’on n’assume pas et les paroles peuvent paraître dures. Il faut assumer cette partie et je le fais en disant que je me déteste avec mes défauts (sourire).

JustMusic.fr : Tu es d’origine vietnamienne et tu as été adopté. Tu es tout de même très influencé par la culture asiatique et tu souhaites représenter cette communauté. As-tu quand même grandi avec cette culture ? Pourquoi y attaches-tu tant d’importance ?

Nuit Incolore : Cette culture m’a toujours inspiré bien que je n’ai pas grandi avec. Je sais ce que c’est d’être asiatique en Europe car depuis l’enfance les regards étaient différents. Quand on a une couleur de peau, qu’on ne ressemble pas aux autre, les gens nous regardent un peu bizarrement. Je ne sais pas si c’est une chance, mais j’ai eu peu de racisme. Si je l’ai eu je l’ai peut-être banalisé et c’est ce qui m’a forgé au plus haut point. Je souhaite représenter sur cette scène française cette communauté des invisibles. J’ai appris à connaître cette culture asiatique en grandissant car on peut dire que j’ai vécu dans une double culture. J’aime ça et c’est ce qui m’a construit.

JustMusic.fr : Pourquoi selon toi, y a-t-il si peu d’asiatiques « connus » ?

Nuit Incolore : Je ne pourrais pas le dire car ce ne sont que des hypothèses… Nous sommes sous-représentés surtout dans la musique, mais chez les acteurs il y a Frédéric Chau qui a réussi. Il y en a quelques uns mais nous avons notre place. Nous le méritons et nous ne sommes pas si différents que ça ! Être le porte-étendard de cette communauté des invisibles me touche beaucoup car ça me permettrait d’être une voix pour les personnes qui aimeraient se faire entendre. Le Coronavirus a été une sacrée période avec le racisme et les clichés que certains ont eus… Il faut que l’image des Asiatiques soit bonne et même si j’ai été adopté je suis là pour dire qu’on existe ! Je suis là, je vous veux du bien et nous ne sommes pas méchants (sourire).

JustMusic.fr : Tes concerts aux Étoiles le 7 octobre et au Café de la Danse le 23 novembre sont déjà COMPLETS ! Tu seras également au Trianon le 12 avril 2023 alors comment c’est Nuit Incolore sur scène ?

Nuit Incolore : Ce sont les premiers concerts et je me réjouis vraiment que les deux dates soient complètes. C’est quelque chose de remplir ces deux salles (sourire) ! Je me dis que j’arrive à être utile et surtout à faire plaisir aux gens. J’ai hâte d’y être pour donner tout ce que j’ai dans le cœur, pour échanger avec le public… Je viens de Suisse pour rencontrer mon public, ce sera comme une réunion (sourire). Le Trianon en avril sera une grande fête ! Je vais donner le meilleur de moi-même car les gens qui me soutiennent le méritent !

JustMusic.fr : C’est vrai que tu as une grosse communauté alors que tu n’en es qu’à tes débuts. Comment ça se fait ?

Nuit Incolore : C’est grâce aux réseaux sociaux car à notre époque ils jouent un rôle très important. Je me suis mis sur TikTok sans rien attendre en particulier et grâce à ça je peux maintenant en faire mon métier. Je passe mes nuits à répondre aux commentaires et aux messages car ça me tient à cœur de le faire. C’est important d’être proche du public !

JustMusic.fr : Comment imagines-tu la suite alors que tu n’as que 20 ans ?

Nuit Incolore : Pour le moment je souhaite plaire à un maximum de personnes, sans penser à être connu ou à recevoir des récompenses. Je veux continuer à être utile et j’espère que dans deux ans par exemple, je ferai encore plus de scène. Après mes trois dates parisiennes j’aimerais aller à la rencontre du public à travers d’autres villes, sortir des albums et être toujours aussi heureux en prenant bien soin de moi et des autres (sourire).

JustMusic.fr : Pour conclure, que peux-tu ajouter pour donner envie au public de découvrir ton univers ?

Nuit Incolore : J’espère que les gens viendront d’eux-mêmes de manière impulsive (sourire). En tout cas je leur dirais que j’ai de belles histoires à leur raconter, que j’ai hâte d’échanger et de parler de nous (sourire). Bienvenue dans mon univers !

JustMusic.fr

C’est lors d’une de ses interminables insomnies que le jeune suisse Théo Marclay trouve son nom de scène : NUIT INCOLORE.

Désormais, il passera le reste de ses nuits blanches entre les murs froids de sa chambre d’étudiant à composer des chansons, semblables à des poèmes mélancoliques, grâce à ses talents d’auteur-compositeur-interprète.

Fort de 10 années d’apprentissage en conservatoire, NUIT INCOLORE met en scène, du bout de ses doigts, les doutes et les peines qui l’habitent grâce aux notes de son piano qui lui permettent d’attirer la lumière dans les coins les plussombres de sa personne, comme s’il était le héro de son propre manga.

La solitude, l’abandon et l’amour sont les thèmes récurrents de son oeuvre.

Inspiré de chanteurs comme TSEW THE KID et JOJI, mais aussi par les films de TIM BURTON et les Animés Japonais, l’univers de NUIT INCOLORE est un voyage, une invitation hypnotique à passer des “nuits sans couleur” à ses côtés.

Nuit Incolore – Insomnia [EP] en écoute ici

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